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09/09/2026 41 min ReadUncategorized

Sur la Situation Mondiale

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Léelo en Español.

Chers camarades,

Je souhaite d’abord vous donner un bref aperçu historique avant d’aborder notre sujet principal, à savoir la situation mondiale actuelle. En traitant de cette situation, je présenterai les principales contradictions et crises. J’aborderai ensuite les perspectives de la lutte anti-impérialiste et la résurgence du socialisme.

I. Contexte historique

Le capitalisme de libre concurrence a inévitablement conduit au capitalisme monopoliste dans les trois dernières décennies du XIXe siècle dans les pays capitalistes les plus avancés. La classe capitaliste n’avait cessé d’élever la composition organique du capital en accroissant le capital constant (usines, équipements et matières premières) et en diminuant le capital variable destiné aux salaires.

À terme, le capitalisme monopoliste est devenu dominant dans l’économie et la société. Le capital industriel a fusionné avec le capital bancaire pour former l’oligarchie financière. L’exportation du capital excédentaire a pris le pas sur l’exportation des marchandises excédentaires. La classe capitaliste a constitué des cartels et des trusts les uns contre les autres. Les puissances capitalistes ont formé des blocs les unes contre les autres. Le partage du monde en tant que territoire économique (en tant que sources de matières premières et de main-d’œuvre à bas coût, en tant que champs d’investissements et marchés, en tant que sphères d’influence : colonies, semi-colonies et pays dépendants) était achevé.

Comme Lénine l’a souligné, le capitalisme monopoliste est le stade le plus élevé et le stade final du développement capitaliste. Qu’un bloc de puissances capitalistes cherche à redistribuer le monde en sa faveur, c’est provoquer une guerre, comme ce fut le cas lors des deux guerres mondiales. Le capitalisme monopoliste est décadent, moribond, agressif et enclin à la guerre. Mais l’avènement du capitalisme monopoliste dans les dernières décennies du XIXe siècle et les premières décennies du XXe siècle a inauguré non seulement l’ère de l’impérialisme moderne et des guerres les plus destructrices de l’histoire de l’humanité, mais aussi l’ère de la révolution socialiste prolétarienne mondiale.

À la suite de la Première Guerre mondiale, guerre inter-impérialiste des puissances Alliées et des puissances centrales, la Grande Révolution socialiste d’Octobre a eu lieu et l’Union soviétique émergea sur un sixième de la surface de la Terre pour défier le système capitaliste mondial. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, l’Union soviétique s’affirma comme la force la plus décisive dans la défaite des puissances fascistes de l’Axe, permettant l’essor de plusieurs pays socialistes, dont ceux d’Europe orientale et la Chine. Les victoires des forces antifascistes lors de la Seconde Guerre mondiale et le camp socialiste qui en résulta contribuèrent également à l’émergence de pays nouvellement indépendants et de puissants mouvements de libération nationale en Asie, en Afrique et en Amérique latine.

En 1956, on pouvait affirmer que plus d’un tiers de l’humanité était déjà gouverné par des partis communistes et ouvriers. Mais c’est également cette année-là que les révisionnistes modernes menés par Khrouchtchev prirent le pouvoir en Union soviétique, tirant parti des difficiles conditions d’après-guerre liées à la mort de 27 millions de citoyens soviétiques et aux graves destructions infligées à l’économie soviétique par la Seconde Guerre mondiale.

Staline avait pratiquement réindustrialisé l’Union soviétique à partir de 1945 et brisé le monopole nucléaire américain en 1949. Mais les révisionnistes modernes soviétiques choisirent de jouer les lâches en s’accrochant à la ligne de la détente, du populisme bourgeois et du pacifisme bourgeois, réaction servile à l’aggravation de la Guerre froide par les États-Unis depuis 1948.

Après la consolidation d’après-guerre d’anticommunistes acharnés à la tête de la société américaine consécutive à la mort de Franklin Delano Roosevelt, les États-Unis renforcèrent leur militarisme par la création de la Central Intelligence Agency (CIA) et du Pentagone. Ils cherchèrent à intervenir dans la guerre civile chinoise, puis lancèrent une guerre contre le peuple coréen en 1950, qui aboutit à une impasse face au peuple coréen et aux volontaires chinois. Ainsi, la République populaire démocratique de Corée se dressa aux côtés de la République populaire de Chine pour percer le front oriental de l’impérialisme américain.

Par la suite, les peuples indochinois s’avancèrent sur la voie de la guerre populaire, avec le peuple vietnamien en tête, défaisant les colonialistes français en 1954 et finalement l’impérialisme américain en 1975. Il devint parfaitement clair qu’il est impossible pour l’impérialisme américain d’imposer son hégémonie sur le continent asiatique, en raison des avantages transfrontaliers des peuples asiatiques obtenus par la Révolution d’Octobre du grand Lénine et Staline, suivie par la Chine socialiste à l’époque de Mao.

Quoi qu’il en soit, les États-Unis succédèrent à l’Allemagne nazie en tant que puissance impérialiste la plus forte après la Seconde Guerre mondiale, leur capacité industrielle s’étant développée grâce à la guerre et n’ayant pas été endommagée par elle. Ils se dressèrent comme la puissance impérialiste la plus féroce, prirent en charge la campagne anticommuniste mondiale menée par les nazis en se plaçant en tête de la Guerre froide et poursuivirent la contre-révolution capitaliste mondiale contre la cause de la libération nationale, de la démocratie et du socialisme.

Ils décidèrent de reconstruire et de réhabiliter les pays capitalistes appartenant aux puissances Alliées et de l’Axe, afin de confronter et de combattre la cause socialiste et la puissante vague des mouvements de libération nationale. Ils adoptèrent la double politique intérieure consistant à réprimer les courants anti-capitalistes et antifascistes montants parmi les travailleurs, les jeunes, les mouvements de défense des droits civiques, antiracistes, anti-guerre, antinucléaires, de justice sociale et socialistes, tout en amadouant la population américaine avec les niveaux de vie les plus élevés des puissances impérialistes de 1945 à 1975, et ce malgré des dépenses considérables pour le maintien de bases militaires à l’étranger et la conduite de guerres d’agression.

Ils continuèrent à renforcer le front impérialiste global contre l’Union soviétique et les autres forces révolutionnaires, et à faire face au problème de la stagflation découlant de la reprise économique de leurs alliés impérialistes. Vers la fin des années 1970, ils décidèrent d’adopter la politique néolibérale afin de provoquer une expansion économique apparemment sans limites, et même d’utiliser cette politique pour inciter les pays dirigés par des révisionnistes à contracter des emprunts auprès de l’Occident et à importer des biens de consommation de haute qualité.

Les États-Unis trouvèrent opportun de tirer parti du différend idéologique sino-soviétique pour faire avancer les intérêts américains et le capitalisme mondial. Bien que dans ce différend la Chine et Mao Zedong se soient placés du côté marxiste-léniniste et socialiste, contre les réformateurs capitalistes khrouchtchéviens en Union soviétique puis le camp social-capitaliste, social-fasciste et social-impérialiste sous Brejnev, les stratèges américains trouvèrent des brèches parmi les éléments de gauche en Chine et entre eux et le centriste-droitier pour en profiter.

Ainsi, en 1971, il y eut une grave scission entre le Groupe des Quatre et l’alliance Chen Boda-Lin Biao, qui permit à la faction centriste-droitière de s’élever et de devenir dominante avec la ligne de la prudence diplomatique et de la «modernisation» par des réformes d’orientation capitaliste et d’ouverture aux États-Unis et au système capitaliste mondial. La visite de Nixon en 1972 coïncida avec la contre-offensive à la Grande Révolution culturelle prolétarienne et la montée de la contre-révolution dengiste.

La romance capitaliste entre les États-Unis et la Chine débuta avec les ateliers de misère et l’exploitation éhontée de la main-d’œuvre chinoise à bas coût, de la fin des années 1970 aux années 1980. Cela coïncida avec le démantèlement des communes et la privatisation des coopératives industrielles rurales. Les États-Unis se montrèrent d’abord prudents dans les concessions accordées à la Chine en matière de transfert de technologie, mais se détendirent progressivement après les soulèvements chinois contre l’inflation et la corruption en 1989. À partir du début des années 1990, les États-Unis augmentèrent leurs concessions à la Chine, à mesure que cette dernière faisait de nouvelles concessions sur la libéralisation du commerce et des investissements et adhérait à l’Organisation mondiale du commerce (WTO), l’OMC, en 2001. L’essor du capitalisme en Chine est devenu manifeste au cours des quatre dernières décennies.

Les relations économiques et politiques sino-américaines semblaient bien se dérouler jusqu’à l’effondrement financier de 2008. Peu après, sous le régime Obama, les États-Unis commencèrent à se plaindre de la montée économique et militaire de la Chine et l’exclurent du Trans-Pacific Partnership Agreement (TPPA), l’accord de partenariat transpacifique. Ils renforcèrent le pivot stratégique des forces américaines vers l’Asie orientale afin de contenir la Chine. Lorsque le régime Trump prit le relais, les États-Unis déclarèrent une guerre commerciale à la Chine, retirèrent les concessions commerciales et d’investissement accordées à la Chine et la condamnèrent pour le vol de hautes technologies auprès d’entreprises et d’instituts de recherche américains. Ils identifièrent la Chine comme le principal concurrent économique et rival politique des États-Unis.

Dans le cas de l’Union soviétique, les États-Unis poussèrent Brejnev à s’enliser dans le bourbier afghan à partir de la fin des années 1970. Animés par leur haine de classe séculaire envers l’Union soviétique en tant que premier pays socialiste et leur intense rivalité dans la Guerre froide, l’objectif principal des États-Unis était de subvertir l’Union soviétique, de la faire pourrir, de lui faire perdre le contrôle de l’Europe orientale et de la faire finalement imploser. L’Union soviétique s’effondra en 1991.

Avant l’effondrement de l’Union soviétique, les dirigeants révisionnistes soviétiques reçurent des garanties de la part des États-Unis et d’autres puissances occidentales que l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (NATO), n’inclurait pas d’anciens membres du Pacte de Varsovie après sa dissolution. Mais les États-Unis et l’OTAN procédèrent à l’expansion de l’OTAN en Europe orientale et tentèrent de l’étendre aux anciennes républiques soviétiques. Ils intensifièrent leur guerre d’agression en Irak au nom d’un «nouvel ordre mondial» dans les années 1990. Et avant la fin du XXe siècle, ils détruisirent la Yougoslavie et la sanctionnèrent pour avoir été un pilier du Mouvement des non-alignés.

Par la suite, les États-Unis annoncèrent leur politique néoconservatrice consistant à tirer parti de leur statut de superpuissance unique et à utiliser le plein spectre de leur puissance pour dominer le monde. Au nom de la « guerre contre le terrorisme », les États-Unis déclenchèrent des guerres d’agression en Asie centrale, au Moyen-Orient et dans les Balkans. Au nom de la guerre mondiale contre le terrorisme, ils conduisirent des guerres d’agression en toute impunité à l’échelle mondiale. Ce sont là les pires formes de terrorisme condamnées par les principes de Nuremberg.

En cherchant à profiter du moment où ils étaient la seule superpuissance depuis 1991, les États-Unis ont aggravé et accéléré leur déclin stratégique, accumulant plus de 10 000 milliards de dollars de dette publique d’ici 2010 sans obtenir des quantités plus significatives de territoire économique stable à exploiter. Ils ont été contraints de quitter l’Afghanistan après avoir échoué à le conquérir en 20 ans d’occupation.

Entre-temps, la Chine a progressé dans la croissance de son économie, bien que celle-ci soit capitaliste, et a gagné une marge de manœuvre avec les BRICS (Brazil, Russia, India, China, South Africa, BRICS), l’Organisation de coopération de Shanghai (SCO)l’OCS, l’Union économique eurasiatique, l’Belt and Road Initiative (BRI) l’ICR, la Nouvelle Banque de développement et la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB) la BAII comme alternatives ou compléments aux agences multilatérales traditionnelles telles que le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale, l’OMC, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OECD),l’OCDE, le G7, etc.

II. La situation mondiale : principales contradictions et crises

Les principales contradictions au sein du système capitaliste mondial s’intensifient. Elles comprennent celles entre le capital monopoliste et le travail dans les pays impérialistes, celles entre les pays impérialistes eux-mêmes, celles entre les puissances impérialistes et les peuples et nations opprimés, et celles entre les puissances impérialistes et les pays qui affirment leur indépendance nationale ainsi que leurs programmes et aspirations socialistes.

Il est d’une grande importance de reconnaître les contradictions entre le capital monopoliste et le travail au sein des pays impérialistes afin de comprendre les limites de l’expansion économique et politique de ces pays. Au sein de ces pays, l’expansion du capital se heurte à des limites, comme le révèlent les crises récurrentes de surproduction ou les cycles d’expansion et de récession. Ces limites s’imposent également à l’expansion du capital à l’échelle mondiale, contrairement aux affirmations des économistes néolibéraux qui soutiennent qu’il n’en existe pas.

Il y a des limites à la réduction des salaires et des services sociaux pour rendre plus de capital disponible à la classe capitaliste, pour lui permettre de privatiser des actifs publics rentables, de prospérer dans le commerce et les investissements libéralisés, de piller l’environnement, de dénationaliser les économies nationales et de recourir à l’emprunt public pour renflouer les entreprises et les économies entières en difficulté. La dette mondiale a bondi de 226 000 milliards de dollars en 2020 à 303 000 milliards de dollars en 2021. La dette mondiale représente plus de 320 % du PIB (Produit intérieur brut) mondial et croît plus rapidement.

Les États-Unis ont convaincu leurs alliés impérialistes traditionnels que la Chine est leur principal concurrent économique et leur principal rival politique, et que la combinaison de la Chine et de la Russie en tant que nouvelles puissances capitalistes et impérialistes constitue leur adversaire. Après avoir abandonné le socialisme au profit du capitalisme, pourquoi ces deux pays devraient-ils être traités comme des ennemis par les États-Unis et leurs alliés ?

Il est dans la nature des puissances impérialistes de rechercher l’hégémonie mondiale et de former des blocs dans le but d’engranger des profits en fonction du rapport de forces à chaque étape donnée. C’est aussi l’obsession des puissances impérialistes les plus puissantes d’exercer un contrôle et une hégémonie sur les puissances impérialistes les plus faibles. Les puissances impérialistes traditionnelles estiment qu’elles devraient se maintenir au sommet face aux nouvelles puissances impérialistes.

À l’heure actuelle, le consensus des puissances impérialistes traditionnelles est que la Russie est la plus faible des nouvelles puissances impérialistes, car elle a démantelé sa précédente puissance industrielle soviétique, a pris du retard dans le développement industriel et possède une oligarchie qui dépend de la production d’énergie, de matières premières et de produits agricoles (blé, maïs, orge et huile de tournesol) en échange de produits manufacturés étrangers.

Cependant, les puissances impérialistes traditionnelles continuent de se méfier des stocks d’armes nucléaires russes et de leurs vecteurs de livraison. Elles espèrent affaiblir la Russie économiquement et politiquement en violant leur propre dogme néolibéral et en adoptant des sanctions contre la Russie, et en fomentant des guerres par procuration contre elle sur la base de l’expansion de l’OTAN. Ainsi, les États-Unis et l’Union européenne ont poussé l’Ukraine à servir de pion dans leur guerre par procuration contre la Russie et ont pris l’initiative d’imposer des sanctions contre la Russie.

Pour conjurer l’illusion qu’ils sont encore puissants dans le monde entier, y compris en Asie orientale, les États-Unis ont pris l’initiative de mener des provocations contre la Chine en parallèle de la guerre chaude qui a éclaté entre la Russie et l’Ukraine. Mais la superficialité et la puérilité de ces provocations, comme la visite non désirée de Pelosi à Taïwan, ont été facilement démasquées. La menace américaine d’abandonner la politique d’une seule Chine est vaine si l’objectif est d’utiliser le drapeau de Taïwan-Republic of China (ROC) pour justifier un projet impérialiste de reconquête de la Chine continentale, car il a été amplement démontré que toute expédition militaire américaine sur le continent asiatique est futile et vouée à l’échec.

L’attaque la plus efficace des États-Unis contre la Chine a été de mettre fin à leur partenariat néolibéral de longue date à l’échelle mondiale et à leurs relations bilatérales en tant que plus grand partenaire économique et commercial des États-Unis, la Chine ayant pu accéder à des technologies américaines auparavant étroitement gardées. À la suite des contradictions sino-américaines, la Chine a subi des revers économiques et financiers internes et des conséquences négatives sur sa nouvelle route de la soie. Les États-Unis s’opposent vigoureusement à la nouvelle route de la soie avec l’alliance militaire AUKUS (Australia, United Kingdom, United States, AUKUS), l’initiative indo-pacifique QUAD(Quadrilateral Security Dialogue, QUAD, Dialogue de sécurité quadrilatéral, comprenant les États-Unis, le Japon, l’Australie et l’Inde) et le Partenariat pour les infrastructures mondiales et les investissements, qui implique le soutien du G7.

La crise de surproduction dans le système capitaliste est encore analysée et mesurée dans les limites de chaque pays impérialiste. Et par conséquent, à l’échelle mondiale, la sur-concentration du capital, la dégradation des conditions d’emploi et de vie, et la surproduction de marchandises peuvent être déterminées. À mesure que la science et la technologie augmentent la productivité, le prolétariat est contraint de vivre dans la pauvreté au milieu de l’abondance qu’il crée pour les capitalistes afin qu’ils en tirent profit.

Même sans les outils nécessaires de l’analyse marxiste, les inégalités économiques mondiales sont criantes à la simple lecture d’indicateurs infographiques : les dix pays les plus riches du monde sont les suivants : 1. États-Unis – 18 620 milliards de dollars ; 2. Chine – 11 220 milliards de dollars ; 3. Japon – 4 940 milliards de dollars ; 4. Allemagne – 3 480 milliards de dollars ; 5. Royaume-Uni – 2 650 milliards de dollars ; 6. France – 2 470 milliards de dollars ; 7. Inde – 2 260 milliards de dollars ; 8. Italie – 1 860 milliards de dollars ; 9. Brésil – 1 800 milliards de dollars ; et 10. Canada – 1 530 milliards de dollars. La moitié de la richesse nette mondiale appartient au premier 1 %, les 10 % les plus aisés des adultes détiennent 85 %, tandis que les 90 % restants se partagent les 15 % restants de la richesse mondiale totale. Les 30 % les plus aisés des adultes détiennent 97 % de la richesse totale.

Les 2 153 milliardaires que compte le monde possèdent plus de richesses que les 4,6 milliards de personnes qui représentent 60 % de la population de la planète, selon Oxfam. La mondialisation néolibérale portée par l’essor de la soi-disant classe capitaliste transnationale ou bourgeoisie monopoliste mondiale dirigée par les États-Unis, en réalité, des formes nouvelles et évolutives des mêmes bourgeoisies impérialistes fondamentales et de leurs oligarchies financières dirigeant conjointement à travers des cartels et des blocs internationaux, a accéléré la suraccumulation du capital entre les mains d’une poignée d’individus et la paupérisation de l’écrasante majorité des peuples.

Elle était censée résoudre le problème de la stagflation pour les États-Unis et pour le monde entier en libérant le capital des contraintes étatiques qui pesaient sur la recherche du profit et en faisant monter le niveau de l’eau pour soulever grands et petits bateaux. Et comme le dit le rapport d’Oxfam, nous nous retrouvons avec seulement 1 % de l’humanité possédant plus de la moitié de la richesse mondiale, les 20 % les plus riches possédant 94,5 % et 80 % des personnes se partageant seulement 5,5 %.

L’extrême sur-concentration de la richesse entre les mains de la classe capitaliste et l’appauvrissement élargi de la majorité des gens prouvent que la classe capitaliste n’a aucun moyen d’écouler nationalement les immenses quantités de surplus qu’elle a accumulées. Ces disparités criantes n’ont fait qu’engendrer davantage de bulles financières, qui à leur tour produisent des inégalités économiques encore plus stupéfiantes lorsqu’elles éclatent, pour être progressivement remplacées par de nouvelles bulles. Cela a été mis en évidence par la Grande Dépression qui se déploie depuis l’effondrement financier de 2008. Celle-ci a durement touché les pays impérialistes et bien plus encore les peuples et nations opprimés d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine.

Le néolibéralisme est apparu dans les pays impérialistes comme la servante du fascisme. Les États impérialistes se préparent à utiliser le fascisme afin de réprimer les protestations de masse et les grèves engendrées par le chômage, les bas salaires et la réduction des services sociaux. Nous constatons aujourd’hui que les puissances impérialistes traditionnelles et nouvelles ont tendance à recourir au fascisme pour réprimer la résistance de masse du prolétariat. De plus, des luttes fractionnelles secouent chaque État impérialiste, que le système ne peut plus gérer aussi facilement qu’auparavant. Cela accentue encore la tendance d’une faction ambitieuse de la classe dominante à utiliser le fascisme pour monopoliser davantage le pouvoir, se maintenir au sommet et réprimer toutes les formes de dissidence à l’exception des plus bénignes.

Les révolutions de nouvelle démocratie et les révolutions socialistes sont diabolisées comme du « terrorisme communiste » pour justifier le terrorisme d’État ou le fascisme. Le danger d’une troisième guerre mondiale et d’une guerre nucléaire provient principalement de la montée du fascisme dans les États impérialistes et leurs États clients. Incapables de résoudre les graves problèmes économiques et sociaux engendrés par le néolibéralisme, les États de la bourgeoisie monopoliste ont recours au fascisme pour réprimer les droits démocratiques et le prolétariat agité ainsi que les autres travailleurs. Même les formes de résistance des masses spontanées contre des abus spécifiques sont pareillement diabolisées comme « terroristes » ou, ironiquement, « menées par des droitiers ». Elles font face à une surveillance policière et à une violence croissantes, qui affûtent encore davantage les épées et attisent la soif de sang des bouchers fascistes.

Les pires formes d’exploitation et d’oppression se manifestent dans les contradictions croissantes entre les puissances impérialistes et les peuples et nations appauvris d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. En période de dépression mondiale ou non, ces peuples sont victimisés dans leurs propres pays par le capital monopoliste étranger qui les utilise comme sources bon marché de matières premières et de main-d’œuvre, comme marchés pour les surplus de marchandises, comme champs d’investissement pour le capital excédentaire et comme sphères d’influence.

Au cours de la dernière décennie, et surtout au plus fort de la pandémie de Covid et des confinements mondiaux, les groupes capitalistes monopolistes dominants ont profité de l’enchevêtrement complexe de perturbations commerciales, des chaînes d’approvisionnement et des finances épuisées pour lier et pressurer encore davantage les pays pauvres. L’effondrement économique récent du Sri Lanka et la convulsion politique qui a suivi ne sont qu’un avant-goût d’une bulle mondiale de la dette extérieure qui s’aggrave. Près de 20 pays ont été répertoriés comme étant au bord d’un défaut de paiement.

Les peuples et nations opprimés sont les plus motivés pour lutter pour la libération nationale, la démocratie et le socialisme. Les luttes révolutionnaires armées les plus importantes contre l’impérialisme se déroulent aujourd’hui dans des pays tels que l’Inde, les Philippines, la Turquie, le Kurdistan et la Palestine. Ils mènent principalement la guerre populaire dans le cadre de la révolution de nouvelle démocratie avec une perspective socialiste.

Dans les pays où les peuples mènent encore la révolution de nouvelle démocratie, les puissances impérialistes et leurs pantins ont recours aux formes néolibérales d’exploitation et aux formes les plus brutales de fascisme pour opprimer le peuple. Les puissances impérialistes utilisent soit des régimes fantoches pour dominer ces pays, soit déclenchent des guerres d’agression. Dans un nombre croissant de cas, les impérialistes sont également assez rusés pour déguiser leurs ingérences interventionnistes en galvanisant certains secteurs agités pour lancer des soi-disant « révolutions de couleur » afin de mettre en œuvre des changements de régime.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les puissances impérialistes ont jusqu’à présent évité les guerres directes entre elles en raison de leur crainte de la guerre nucléaire, tant pour ses effets à court terme qu’à long terme, y compris les effets à long terme encore peu compris sur la santé, l’environnement et la viabilité continue de la plupart des formes de vie sur la planète. De plus, les États-Unis ont pris soin de minimiser le réarmement nucléaire en assurant à l’Allemagne et au Japon leur parapluie nucléaire et en imposant de strictes interdictions de prolifération nucléaire.

Jusqu’à présent, les États-Unis et leurs alliés impérialistes ont réussi à canaliser leurs rivalités économiques et politiques, y compris les redécoupages territoriaux, par le biais d’accords négociés au sein d’organisations internationales et régionales, tout en resserrant l’étau autour de la Russie et de la Chine. Mais ils ont eu recours à des guerres par procuration pour dominer les pays sous-développés ou gagner des positions de force. Ainsi, les puissances impérialistes ont réduit les risques de guerres inter-impérialistes directes. Mais pour la première fois, les États-Unis et l’OTAN ont ouvertement encouragé l’Ukraine à provoquer une guerre avec la Russie, un pays doté de l’arme nucléaire, qui a mis ses forces nucléaires en état d’alerte maximale. Contrairement aux crises de l’ère de la Guerre froide, il existe aujourd’hui de nombreux niveaux d’armements nucléaires « tactiques » pré-déployés dans des zones de tensions, ce qui accroît encore les risques d’escalade militaire incontrôlée.

Alors que pendant de nombreuses décennies depuis la fin du monopole américain sur la bombe nucléaire, les États-Unis ont manifestement été effrayés par l’arsenal nucléaire de l’Union soviétique puis de la Russie, les États-Unis et toutes les autres puissances impérialistes se sont engagés sans réfléchir dans le pillage et la dévastation de l’environnement, notamment dans les pays sous-développés, entraînant le problème actuel du réchauffement climatique mondial, qui menace également l’existence même de l’humanité.

L’attaque contre l’environnement prend plusieurs formes. Elle comprend la dépendance extrêmement élevée des industries capitalistes aux combustibles fossiles, qui émettent du dioxyde de carbone et d’autres « gaz à effet de serre » qui accélèrent le changement climatique, ainsi que l’utilisation de divers procédés extractifs et industriels qui produisent des déchets industriels toxiques, détruisent les forêts, les milieux marins et autres biomes, en particulier ceux à forte biodiversité, détruisent et perturbent les divers organismes qui y vivent, et empoisonnent l’air, l’eau et les sols utilisés par les populations locales et l’agriculture, afin de faire place à l’exploitation forestière, minière et aux plantations.

À cela s’ajoute la dévastation environnementale évidente provoquée par les guerres d’agression menées par les États-Unis et l’entretien du plus grand réseau mondial de bases militaires et de forces armées de toute l’histoire. L’armée américaine a d’ailleurs été condamnée comme le plus grand pollueur au monde. Il ne faut pas non plus négliger l’impact complètement non audité sur la Terre qu’a l’indulgence des puissances militaires mondiales dans la militarisation diabolique et active, mais complètement secrète, des conditions météorologiques.

Les puissances impérialistes se sont également engagées dans des recherches en laboratoire à des fins de guerre chimique et biologique, et de graves fuites incontrôlées se sont également produites, causant des pandémies comme le Severe Acute Respiratory Syndrome (SARS), le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), et le COVID-19 aux États-Unis, en Chine et dans une grande partie du monde. La plupart des milieux scientifiques, académiques et médiatiques sérieux occidentaux affirment désormais que le virus SRAS-CoV-2 est un produit de la « recherche sur le gain de fonction », un euphémisme pour la recherche et le développement en matière de guerre biologique. La Russie a récemment accusé les États-Unis d’avoir secrètement financé des laboratoires d’armes biologiques en Ukraine et ailleurs.

Les pays qui affirment leur indépendance nationale et leurs programmes et aspirations socialistes jouent encore un rôle important dans la résistance aux impositions des puissances impérialistes et aux machinations de leurs pantins locaux. Alors qu’ils persévèrent dans leur engagement et leur lutte révolutionnaires, des pays comme la Democratic People’s Republic of Korea (DPRK), la République populaire démocratique de Corée (RPDC), la République socialiste du Viêt Nam, Cuba et d’autres pays anti-impérialistes peuvent apporter des contributions importantes au maintien, à la défense et à l’avancement de la cause de la libération nationale, de la démocratie et du socialisme à l’échelle mondiale.

Ces pays peuvent s’appuyer sur leurs propres forces, s’allier aux peuples et nations opprimés qui luttent encore pour la libération nationale et sociale, et tirer parti des divisions entre les puissances impérialistes traditionnelles et nouvelles. Des leçons historiques, tant positives que négatives, nous sont rappelées pour saisir le caractère de classe et l’équilibre objectif des forces au sein de ces pays et de leurs États. Les révolutionnaires prolétariens en Chine, par exemple, ont discerné la logique de classe et ont dû apprendre des leçons inestimables en matière de tactiques de front uni en traitant avec le Guomindang de Sun Yat-sen dans la période 1921-1927. Il existe d’autres exemples parmi les mouvements de libération nationale dans la période d’après la Seconde Guerre mondiale. Il appartient à la sagesse politique des forces révolutionnaires du monde aujourd’hui de faire tout ce qui est possible afin de développer la solidarité anti-impérialiste avec ces pays et États, et de compenser les conséquences néfastes du révisionnisme moderne dans la subversion et la destruction des États socialistes au XXe siècle.

III. Perspectives de la lutte anti-impérialiste et résurgence du socialisme

Les conditions sont extrêmement favorables à l’avancement des luttes de masse anti-impérialistes et démocratiques dans tous les types de pays, qu’ils soient impérialistes ou dominés par l’impérialisme. Elles surgissent en raison de l’intensification des principales contradictions au sein du système capitaliste mondial. Une fois de plus, elles ouvrent la voie à un grand désordre et à de grandes turbulences dans ce système et à la résurgence de la révolution socialiste prolétarienne mondiale.

Déconcertées par la crise qui s’aggrave rapidement dans leur système à la suite du délitement du régime politique néolibéral, les puissances impérialistes traditionnelles et nouvelles ont tendance à chercher des solutions par le biais d’un pillage et d’une prédation économiques intensifiés, du fascisme et des guerres d’agression. Le prolétariat et le reste des peuples dans les pays impérialistes souffrent gravement de la crise socio-économique du système, et le fascisme leur est désormais imposé pour aggraver encore leur souffrance.

Dès à présent, une forte tendance pointe vers un nouvel effondrement économique mondial dévastateur. Les forces révolutionnaires du peuple doivent souligner avec acuité les responsabilités criminelles et tous azimuts des classes prédatrices dans la super-crise économique mondiale qui s’aggrave actuellement, et condamner tout obscurcissement de ces responsabilités, comme faire de le COVID-19 et de toute pandémie ultérieure un alibi commode. Elles n’ont d’autre choix que de riposter avec toute leur vigueur.

Aux États-Unis, alors que le président en exercice Biden utilise un jargon démocratique et courtise d’autres forces de droite et du centre pour maquiller le loup-garou fasciste grandissant qu’est l’« État profond » (Deep State) impérialiste, Trump s’efforce d’enflammer ses partisans d’une frénésie de slogans suprémacistes blancs afin de le ramener à la Maison Blanche pour utiliser ce même « État profond » afin de gouverner un empire plus indiscipliné et divisé. Dans les autres pays impérialistes, des tendances favorisent les positions droitistes, notamment ultra-droitistes. Nous devons également exercer avec soin l’analyse de classe pour démasquer les nombreuses formes de positions droitistes se faisant passer pour des positions centristes ou de gauche. En même temps, ces conditions poussent le prolétariat et les peuples à se soulever contre leurs conditions aggravées de chômage de masse, de faibles revenus et de pénurie de services sociaux.

Dans les nouveaux pays impérialistes, une vague montante de mécontentement et de haine se développe contre les oligarques qui ont privatisé la richesse sociale créée par le prolétariat et les autres travailleurs. Les promesses d’une plus grande efficacité et d’une plus grande prospérité grâce à l’adoption du capitalisme sont restées lettres mortes depuis si longtemps. Dans les anciens pays socialistes qui n’ont pas été assez forts pour devenir des puissances impérialistes, les conditions ont sombré au niveau des pays du tiers-monde.

Les soulèvements de masse actuels en Tchécoslovaquie [N.d.T. : la Tchécoslovaquie a été dissoute le 31 décembre 1992, elle correspond à la Tchéquie et à la Slovaquie actuelles] constituent un signal positif pour les peuples d’Europe orientale et centrale pour se soulever contre les États-Unis, l’OTAN et l’ensemble du système capitaliste mondial, d’autant plus que l’Ukraine illustre ce qui a terriblement mal tourné depuis la montée du fascisme portée par un chauvinisme contre l’importante minorité russe de la population. Désormais, les oligarques de Russie et d’Ukraine sont engagés dans une guerre prolongée, et les États-Unis et l’OTAN utilisent l’Ukraine pour s’assurer que la Russie soit encore affaiblie et incapable de faire face aux nouvelles avancées de l’impérialisme américain et de l’OTAN dans ce qui était autrefois une sphère d’influence plus large de l’ancienne Union soviétique.

Toutes les turbulences qui se produisent et sont susceptibles de se produire encore dans la Fédération de Russie et en Europe orientale serviront à agiter le prolétariat et les peuples pour qu’ils réexaminent leur histoire et retrouvent et réaffirment leur volonté révolutionnaire. Il est donc nécessaire que les communistes du monde entier encouragent la formation du parti révolutionnaire du prolétariat dans ces pays.

Pendant un certain temps, les États-Unis et leurs alliés impérialistes traditionnels pourraient être en mesure de contenir et de réduire la montée économique de la Chine, même s’ils entretiennent le rêve de conditions économiques et politiques se dégradant en Chine, ce qui intensifierait la lutte des classes entre l’oligarchie capitaliste chinoise dominante et le prolétariat dans le but de répéter l’histoire à la manière du renversement du Parti communiste de l’Union soviétique. Dans le même temps, l’élite dirigeante occidentale conduite par les États-Unis mobilise activement des actifs pro-occidentaux importants et stratégiquement positionnés au sein de la Chine pour la saper de l’intérieur, et pour tirer profit de nouvelles mesures contre-révolutionnaires efficaces imposées en Chine. En Chine, le recours au fascisme contre le peuple ne fera que radicaliser la lutte pour la démocratie, élargir le mouvement révolutionnaire de masse et pousser les révolutionnaires prolétariens à affirmer la théorie et la pratique du marxisme-léninisme-maoïsme.

Le terrain le plus fertile pour mener la révolution armée se trouve dans les pays sous-développés d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, sous la domination des puissances impérialistes et de leurs régimes fantoches. Ils sont les plus victimisés par l’oppression et l’exploitation impérialistes et réactionnaires locales. Ils ont leurs propres raisons et circonstances pour faire la révolution et seront certainement encouragés à la mener si le prolétariat et les peuples dans des pays prétendument plus développés se soulèvent déjà.

À l’échelle mondiale, les forces subjectives de la révolution prolétarienne peuvent être établies et développées plus vite que jamais auparavant. Pour ce faire de manière optimale, le parti communiste, en tant que véritable parti révolutionnaire du prolétariat, doit adhérer à la théorie et à la pratique du marxisme-léninisme-maoïsme et tirer les leçons les plus vitales de l’histoire et de l’expérience révolutionnaires particulières, pour être en mesure de conduire le peuple dans tout pays où la révolution est menée.

Dans le cadre de la lutte politique, il doit être en mesure de s’unir aux masses fondamentales des peuples opprimés et exploités, de gagner les forces intermédiaires, de tirer parti des divisions entre les réactionnaires, d’isoler et de détruire le pouvoir de l’ennemi de classe ou de l’agresseur étranger. Il doit disposer d’une armée populaire pour être en mesure de mener la révolution armée et de conquérir le pouvoir politique.

Ceux qui souhaitent mener la révolution dans n’importe quel pays doivent s’approprier l’histoire et l’expérience des partis communistes qui ont remporté des victoires en Russie, en Chine, en RPDC et en Europe orientale. Il n’est pas nécessaire qu’une Internationale des partis communistes et ouvriers existe pour qu’un pays entame le développement de la révolution armée. Lénine passa du temps à débattre avec les révisionnistes, les social-chauvins, les social-pacifistes, les social-fascistes et les social-impérialistes de la IIe Internationale et à les démasquer, pour être en mesure de déblayer la route de la révolution en Russie.

Il lui fallut d’abord remporter la Grande Révolution socialiste d’Octobre en 1917 pour être en mesure de construire l’Internationale la plus efficace de l’histoire du prolétariat révolutionnaire. Il fonda la IIIe Internationale en 1919. L’absence d’une internationale ne devrait pas être un prétexte pour ne pas commencer et développer la révolution dans n’importe quel pays.

Depuis la dissolution du Komintern en 1943, due à l’incapacité du Comité exécutif à donner des directives à tant de partis dans les conditions de la Seconde Guerre mondiale, les partis communistes qui pouvaient communiquer entre eux pouvaient coopérer bilatéralement et même multilatéralement.

Il existe une histoire bien plus longue de partis communistes et ouvriers qui sont égaux entre eux et indépendants les uns des autres sous l’internationalisme prolétarien et la solidarité anti-impérialiste. S’il n’existe pas encore de bastion du socialisme aussi fort que l’Union soviétique ou la Chine par le passé, les partis révolutionnaires du prolétariat peuvent trouver des moyens de conférences, de consultations et de communications afin d’échanger des informations, des expériences et des idées, et d’élever le niveau de la lutte révolutionnaire parmi le prolétariat et les peuples.

Après le succès des révisionnistes modernes en Union soviétique, ils tinrent des conférences internationales des partis communistes pour répandre leur ligne révisionniste. Pendant un certain temps, le Parti communiste de Chine dut rivaliser avec les conférences pro-révisionnistes parrainées par le parti soviétique en s’engageant dans des relations bilatérales et en accueillant des délégations du Comité central en Chine. Mais hélas, celles-ci furent dissoutes peu après le succès de la contre-révolution dengiste.

Le Revolutionary Internationalist Movement (RIM), le Mouvement internationaliste révolutionnaire (MIR), et ensuite l’International Conference of Marxist-Leninist Parties and Organizations (ICMLPO), la Conférence internationale des partis et organisations marxistes-léninistes (CIPOML) ont essayé de construire une conférence internationale des partis communistes et ouvriers. Mais elles se sont dissoutes après des tentatives de faire du parti hôte le centre de la révolution prolétarienne mondiale, malgré son incapacité à remporter la révolution dans son propre pays. Et des groupes de petits partis ont également eu la fantaisie de nommer leurs théories d’après des révolutionnaires qui n’ont pas encore remporté de révolution dans leur propre pays, comme la Pensée Gonzalo, la Voie Prachanda, la Nouvelle Synthèse d’Avakian et autres. Ces groupes sectaires sont pressés de revendiquer une sorte de franchise mondiale ou d’hégémonie.

Depuis les indéniables succès des révisionnistes modernes pour saboter les révolutions socialistes en Union soviétique, en Chine et en Europe orientale, restaurer le capitalisme et désintégrer le mouvement communiste international, les formations anti-impérialistes les plus florissantes ont eu un caractère de masse, parmi lesquelles l’International League of Peoples’ Struggle (ILPS), la Ligue internationale des peuples en lutte. Celles-ci peuvent constituer de puissantes bases de masse pour promouvoir l’établissement et le développement des partis révolutionnaires du prolétariat.

N’oublions pas que pendant l’existence de la IIIe Internationale, Staline développa le Front populaire comme force démocratique et antifasciste internationale à partir de 1935. Ce faisant, il aida les partis communistes dans divers pays à se préparer contre les préparatifs impérialistes et fascistes pour la guerre en encourageant divers types de formations de masse selon les intérêts démocratiques de classe et sectoriels.

Il y a une grande différence entre les circonstances de la fondation de la IIIe Internationale et les circonstances dans lesquelles des tentatives furent faites pour organiser une Internationale comme successeur du Komintern en dehors de tout pays constituant un bastion de la révolution socialiste. Le problème n’est pas seulement l’absence d’un bastion socialiste, mais aussi les insuffisances des programmes pour combattre les influences persistantes du révisionnisme moderne, de toutes sortes de réformisme et d’idéalisme subjectif propagés par les idéologues et les publicistes des puissances impérialistes.

Depuis lors, des avancées significatives se sont produites dans les conditions objectives pour mener la révolution et développer les forces subjectives de la révolution. Et il n’est pas surprenant qu’il y ait maintenant des efforts renouvelés pour organiser une nouvelle internationale communiste. Mais évaluons d’abord les avancées que les partis initiateurs doivent encore réaliser en termes de victoires idéologiques, politiques et organisationnelles dans les luttes révolutionnaires du prolétariat et des peuples dans leurs propres pays.

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